La Cour pénale internationale (CPI)
La CPI, tribunal permanent de La Haye, est au cœur de l'actualité mondiale : voici ce qu'elle est vraiment, comment elle fonctionne, et pourquoi tant de grandes puissances refusent encore de la rejoindre.
Le contexte
La Cour pénale internationale (CPI) revient régulièrement en une de l’actualité dès que surgit une crise internationale majeure impliquant des allégations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de génocide. Sa visibilité explose à chaque fois qu’elle émet un mandat d’arrêt ou ouvre une enquête visant des dirigeants en exercice, car cela soulève immédiatement des questions de souveraineté, d’immunité et de rapport de force entre États.
Créée par le Statut de Rome, adopté en 1998, entré en vigueur en 2002, la CPI est la première juridiction pénale internationale permanente de l’Histoire. Avant elle, seuls des tribunaux ad hoc (comme ceux pour l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda) pouvaient juger des individus pour les crimes les plus graves. Son siège est à La Haye, aux Pays-Bas.
Ce qui la rend structurellement fragile, c’est son angle mort : les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde, quatre membres permanents ou quasi-permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, n’en sont pas membres. Résultat : la Cour peut se retrouver politiquement isolée au moment précis où elle cherche à agir.
Son principe fondateur est la complémentarité : la CPI n’est pas un substitut aux tribunaux nationaux, elle est un filet de sécurité. Elle n’intervient que lorsque les États concernés ne veulent pas ou ne peuvent pas juger eux-mêmes. Ce mécanisme est à la fois sa force morale et, pour ses critiques, la source de ses lenteurs.