Canicules en Europe 2026
MISE À JOUR (8 août) : cinquième épisode caniculaire en France, 12 départements en vigilance orange samedi 8 août et 33 en jaune, avec 38 °C attendus dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône. En Italie, 25 des 27 villes surveillées sont au bollino rosso, du jamais-vu. L'Espagne est en alerte spéciale AEMET depuis le 29 juillet (40-42 °C à l'intérieur). Bilan 2026 en France : au moins 40 morts et un record de 72 départements en vigilance rouge le 25 juin. Sources : Météo-France, AEMET, ministère italien de la Santé, UKHSA.
Le contexte
L’été 2026 restera comme celui où l’Europe a cessé de compter ses canicules par exception. La France en est à son cinquième épisode avant même la mi-août, l’Italie à sa quatrième, et l’Espagne enchaîne les avis spéciaux de l’AEMET depuis fin juillet. Ce n’est plus une vague de chaleur exceptionnelle : c’est une saison entière construite autour d’elles.
8 août 2026, cinquième vague en France. Météo-France a placé 12 départements en vigilance orange canicule pour le samedi 8 août, et 33 départements en vigilance jaune pour canicule et/ou orages. Le pic concerne la moitié sud, avec environ 38 °C dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône. Un léger répit est attendu lundi, avant une nouvelle intensification : 30 à 35 °C généralisés et jusqu’à 40 °C localement, soit 8 à 10 °C au-dessus des normales saisonnières. Les consignes habituelles s’appliquent : éviter les efforts entre 11 h et 18 h, s’hydrater, fermer les volets le jour, et prendre des nouvelles des personnes âgées ou isolées.
Le pic de juin reste la référence. Du 21 au 27 juin, la France a vécu l’épisode le plus grave de son histoire récente. Le 22 juin, 49 départements passaient en vigilance rouge, avec 41 à 44 °C sur l’Ouest et le Sud et un pic à 44 °C en Haute-Garonne. Le 23, deux records nationaux tombaient : la nuit la plus chaude jamais mesurée (moyenne nationale de 21,6 °C) et la moyenne nationale des maximales la plus élevée (37,8 °C). Le 25 juin, 72 départements étaient en rouge simultanément, environ 35 millions de personnes concernées, plus de 2 000 écoles fermées. Le bilan provisoire s’établit à au moins 40 décès, dont de nombreuses noyades.
L’Italie est aujourd’hui l’épicentre. Le 3 août, 25 des 27 villes du réseau de surveillance du ministère italien de la Santé étaient au bollino rosso, le niveau maximal, un nombre jamais atteint depuis la création du dispositif, et la totalité des 27 était attendue au rouge dans la semaine. Rome, Milan, Naples, Turin, Florence, Bologne, Venise, Palerme, Cagliari : la carte est quasiment uniforme. Les pointes dépassent 40 °C, jusqu’à 44 °C dans l’intérieur de la Sardaigne, et ce sont surtout les nuits au-dessus de 25 °C qui rendent l’épisode dangereux, en bloquant la récupération nocturne. Le Pô est à un étiage historiquement bas et la riziculture lombarde est directement menacée.
En Espagne, la chaleur alimente les feux. L’AEMET a émis un avis spécial pour un épisode démarré le 29 juillet, avec 40 à 42 °C dans l’intérieur de la moitié sud et 39 à 41 °C dans la vallée de l’Èbre, ainsi qu’un risque d’incendie porté à des niveaux critiques par la combinaison chaleur, humidité très basse et vents de sud. Le résultat est visible dans les chiffres : plus de 221 000 hectares brûlés en Espagne en 2026, la pire saison de son histoire moderne, avec un méga-feu Ávila/Madrid/Tolède d’environ 80 000 hectares et l’incendie d’Almería du 9 juillet, qui a fait 13 morts, le plus meurtrier de l’histoire de l’Andalousie. À l’échelle de l’Union européenne, le système EFFIS recensait environ 254 000 hectares brûlés fin juillet.
Le reste du continent n’est pas épargné. Le Royaume-Uni a vu l’UKHSA déclencher le 5 août des alertes sanitaires chaleur sur huit régions d’Angleterre, sur fond de sécheresse qui pèse sur les récoltes d’automne. L’Allemagne a battu son record national absolu en juin (41,8 °C) et fait face à une sécheresse qualifiée d’extrême, voire localement catastrophique, sur le sud et l’ouest. Le mécanisme est partout le même, un dôme de chaleur bloqué qui pompe l’air saharien, et la cause de fond aussi : un continent qui se réchauffe environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Sources : Météo-France, AEMET, DWD, UKHSA, EFFIS, ministère italien de la Santé, Euronews, Le Monde.