Prochain secrétaire général de l'ONU : candidats et déroulé de la course 2026
António Guterres quitte ses fonctions le 31 décembre 2026, et la course à sa succession est le centre discret de cette Assemblée générale. Huit candidats se sont déclarés, tous venus d'Amérique latine, des Caraïbes ou d'Afrique, au titre de la rotation régionale informelle de l'ONU. La Costaricienne Rebeca Grynspan est arrivée en tête du troisième sondage informel du Conseil de sécurité, le 18 septembre, avec neuf voix « encouragé », juste devant la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett. Le Conseil recommande, l'Assemblée nomme. Aucune femme n'a occupé le poste en quatre-vingts ans. Sources : France 24, Security Council Report, PassBlue, ONU.
Le contexte
António Guterres quitte la direction de l’ONU le 31 décembre 2026, et la course à sa succession est le dossier qui occupe discrètement les délégations pendant que les discours se succèdent à l’étage. La procédure formelle s’est ouverte le 25 novembre 2025 par une lettre conjointe appelant les candidatures, et fin août huit candidats s’étaient déclarés, tous originaires d’Amérique latine, des Caraïbes ou d’Afrique.
Cette géographie n’a rien d’un hasard. Depuis 1953, le poste tourne de façon informelle entre les groupes régionaux, et la lecture admise pour ce cycle veut qu’il revienne à l’Amérique latine et aux Caraïbes, l’Afrique contestant cette attribution. Aucune règle ne l’impose. La Charte se borne à dire, en son article 97, que le secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité, et c’est dans cette seconde proposition que réside le pouvoir.
Le Conseil a mené jusqu’ici trois sondages informels, les 30 juillet, 21 août et 18 septembre 2026. Les membres y inscrivent pour chaque candidat « encouragé », « découragé » ou « sans opinion » sur des bulletins anonymes, à huis clos, d’où le fait que les chiffres parviennent au public par des diplomates plutôt que par un communiqué. Après le deuxième tour, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett menait de peu avec huit voix « encouragé ». Après le troisième, la Costaricienne Rebeca Grynspan était en tête avec neuf « encouragé » et cinq « découragé », Rodrigues-Birkett à huit et six. La première place a donc déjà changé de mains, et le champ n’a pas été officiellement réduit.
Ce que les comptes bruts dissimulent, c’est le veto. Une recommandation étant une décision de fond, la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis en disposent chacun, et un seul « découragé » venu de l’un d’eux met fin à une candidature quel que soit le soutien réuni ailleurs. Les tours avancés recourent d’ordinaire à des bulletins de couleurs distinctes, afin que les candidats sachent si l’opposition qu’ils rencontrent est fatale ou simplement gênante. Le précédent que tout le monde cite est 1996, quand un veto américain a privé Boutros Boutros-Ghali d’un second mandat.
L’autre fil de ce cycle est qu’aucune femme n’a été secrétaire générale en quatre-vingts ans. Plusieurs des candidatures les plus solides sont féminines, parmi lesquelles Grynspan, Rodrigues-Birkett, Michelle Bachelet et María Fernanda Espinosa, et des campagnes portent ce point avec insistance depuis deux cycles. Fin septembre, la presse ne décrivait de consensus autour d’aucun nom. Le poste devant être pourvu avant le 1er janvier 2027, une recommandation du Conseil est attendue en octobre ou novembre, et la nomination par l’Assemblée générale la suivra plutôt qu’elle ne l’orientera. Sources : France 24, Security Council Report, PassBlue, UNRIC, ONU.