Rachida Dati - Questions fréquentes
Rachida Dati, garde des Sceaux de 2007 à 2009 puis ministre de la Culture depuis janvier 2024, est une figure de la droite française mise en examen dans l'affaire Renault-Nissan et candidate à la mairie de Paris en 2026.
Rachida Dati, de la magistrature au ministère de la Culture
Rachida Dati naît le 27 novembre 1965 à Saint-Rémy, un village de Saône-et-Loire, deuxième d’une fratrie de onze enfants. Son père, maçon d’origine marocaine, et sa mère, femme au foyer d’origine algérienne, l’élèvent à Chalon-sur-Saône dans un milieu modeste qu’elle met souvent en avant dans ses interventions publiques. Elle entreprend des études de droit, devient magistrate à la fin des années 1990, puis intègre, au tournant des années 2000, l’entourage de Nicolas Sarkozy comme conseillère technique place Beauvau, au ministère de l’Intérieur.
Quand Sarkozy est élu président en mai 2007, il nomme Rachida Dati garde des Sceaux dans le gouvernement de François Fillon. Elle devient ainsi la première femme d’origine maghrébine à occuper un poste ministériel régalien en France, une nomination présentée par l’Élysée comme un symbole d’ouverture sociale et ethnique. Son passage place Vendôme, marqué par des réformes de la carte judiciaire et par la médiatisation de sa reprise de fonctions cinq jours après la naissance de sa fille en janvier 2009, s’achève en juin 2009 quand elle est élue députée européenne.
Rachida Dati siège au Parlement européen de 2009 à 2019, sur la liste UMP puis Les Républicains d’Île-de-France. En parallèle, elle construit un ancrage local solide : élue maire du 7e arrondissement de Paris en mars 2008, elle est réélue en 2014 puis en 2020, conservant ce mandat sans interruption pendant vingt ans, quelles que soient ses fonctions nationales ou européennes. Ce fief parisien, l’un des plus favorisés de la capitale, devient la base à partir de laquelle elle prépare sa conquête de l’Hôtel de Ville.
En janvier 2024, elle rejoint le gouvernement de Gabriel Attal comme ministre de la Culture, un choix qui s’inscrit dans la stratégie du président Emmanuel Macron d’élargir sa majorité vers la droite républicaine. Elle conserve ce portefeuille lors des remaniements suivants tout en préparant sa candidature à la mairie de Paris pour les municipales de mars 2026, rompant avec une partie de la direction des Républicains qui aurait préféré un autre chef de file. Le cumul entre fonction ministérielle et campagne parisienne lui est régulièrement reproché par ses adversaires, à gauche comme à droite.
Sa carrière est aussi marquée par le dossier Renault-Nissan : en septembre 2024, Rachida Dati est mise en examen pour corruption passive et trafic d’influence, la justice soupçonnant qu’elle a perçu environ un million d’euros entre 2010 et 2012, alors qu’elle siégeait au Parlement européen, en échange d’un lobbying favorable à l’alliance automobile. Elle conteste ces accusations, qu’elle qualifie de manœuvre politique, et bénéficie, comme toute personne mise en examen, de la présomption d’innocence tant que l’instruction n’a pas abouti à un procès.
Sur l’échiquier politique français, la trajectoire de Rachida Dati, issue de l’immigration maghrébine mais solidement ancrée à droite depuis vingt ans, contraste avec celle de figures comme Marine Le Pen, dont le Rassemblement national capte une partie de l’électorat populaire qu’elle a longtemps courtisé. Dans sa vie personnelle, Rachida Dati n’a rendu publique qu’une seule information : la naissance de sa fille Zohra, le 2 janvier 2009, dont elle n’a jamais révélé le père, préservant depuis une discrétion totale sur ce sujet.