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Renault, c'est le champion automobile national : tenu en partie par l'Etat, sauvé par les profits de Dacia, et relancé par une petite électrique rétro que personne n'avait vue venir.

By · datastats · Mis à jour 27 juin 2026
Renault
Wizly-08 · CC BY 4.0

Renault : le constructeur national français, increvable par nécessité autant que par ingénierie.

Renault, c’est la France automobile au sens plein : fondée à Paris en 1899 par les frères Renault, nationalisée après la Seconde Guerre mondiale, encore partiellement détenue par l’Etat aujourd’hui, et tissée dans l’identité industrielle du pays. La marque vend environ deux millions de véhicules par an, surtout en Europe, en Amérique latine et en Afrique du Nord, sous les bannières Renault, Dacia et Alpine. Ce n’est pas un colosse mondial comme Toyota ou Volkswagen, mais sur ses territoires, c’est un poids lourd.

Les internautes cherchent Renault pour quelques raisons récurrentes : savoir si elle est fiable, démêler son actionnariat compliqué (l’Etat français, Nissan, la fameuse Alliance), et de plus en plus découvrir son succès électrique surprise, la Renault 5 E-Tech rétro. L’histoire de la marque en ce moment, c’est une histoire de redressement : sortie d’une quasi-crise en 2020 pour devenir une concurrente crédible sur l’électrique en 2025.

Le tableau honnête est nuancé là où ça compte. La fiabilité de Renault est correcte sans être en tête de classe : confortablement au-dessus des marques italiennes et de certaines américaines, mais derrière les japonaises et les coréennes. Sa filiale Dacia, pas chère et sans chichis, génère discrètement du profit, sa sous-marque Alpine court après le prestige et la Formule 1, et la gamme Renault elle-même se bat sur la valeur et le confort plus que sur une fiabilité à toute épreuve. Les plaintes se concentrent sur la technologie complexe, pas sur la mécanique de base.

L’Alliance avec Nissan, longtemps le fait marquant de Renault, a été volontairement désamorcée. Le rééquilibrage de 2023 a ramené la participation de contrôle de 43% de Renault dans Nissan à 15% équilibrés, mettant fin à une ère de frictions qui avait culminé avec l’affaire Carlos Ghosn. La direction a changé en 2025, l’architecte du redressement Luca de Meo partant chez Kering et l’homme de la maison Francois Provost prenant le volant. Pour l’acheteur, le résumé est simple : Renault en 2026 est une marque européenne compétitive, dotée d’une vraie bonne gamme électrique, absente des Etats-Unis, et qu’il vaut mieux juger modèle par modèle plutôt que sur sa seule réputation.

Questions fréquentes

Renault se situe dans la moyenne haute de la fiabilité européenne : ni une Toyota, ni une catastrophe. Les études indépendantes (TÜV allemand, données de garantie, UFC-Que Choisir) la placent régulièrement devant la plupart des marques françaises et italiennes, mais derrière les leaders japonais et coréens. Le diesel 1.5 dCi est un moteur increvable, tandis que les premières boîtes EDC à double embrayage et certains équipements électroniques ont concentré les plaintes. En clair : une Clio ou une Megane bien entretenue est fiable ; les soucis viennent de la technologie complexe, pas de la mécanique de base.

Renault Group est une société cotée en Bourse : elle appartient donc à de nombreux actionnaires, pas à un propriétaire unique. Les deux actionnaires de référence sont l'Etat français, qui détient environ 15% du capital, et Nissan, qui détient une participation de 15% depuis le rééquilibrage de l'Alliance en 2023. Le reste est en flottant. Contrairement à beaucoup de ses concurrents, aucune famille ni aucun individu privé ne contrôle Renault.

En partie, oui. L'Etat français détient environ 15% du capital de Renault, ce qui en fait le premier actionnaire. Grâce à la loi Florange, qui accorde des droits de vote double aux titres conservés plus de deux ans, cette participation de 15% se traduit par près de 22% des droits de vote. Paris garde ainsi une influence surdimensionnée sur l'entreprise qu'il avait nationalisée en 1945 et seulement partiellement reprivatisée dans les années 1990.

Oui, profondément. Renault a été fondée en France en 1899, son siège est à Boulogne-Billancourt aux portes de Paris, et l'Etat français reste son premier actionnaire. C'est l'une des marques industrielles françaises les plus emblématiques, aux côtés de Peugeot et Citroen. Beaucoup de ses voitures sont encore conçues et assemblées en France, même si, comme tout constructeur généraliste, elle produit aussi en Espagne, en Turquie, au Maroc, en Roumanie et ailleurs.

Renault produit ses voitures sur un large réseau industriel. Les usines françaises historiques comprennent Douai (devenue le pôle électrique ElectriCity qui assemble la Renault 5 et la Megane E-Tech), Flins, Maubeuge et Sandouville. Hors de France, les grands sites se trouvent en Espagne (Valladolid, Palencia), en Turquie (Bursa), en Slovénie (Novo Mesto), au Maroc (Tanger), en Roumanie (pour Dacia) et au Brésil. Le pays d'origine dépend donc fortement du modèle et du marché.

Plus vraiment, en tout cas plus au sens où elle contrôlait son partenaire. Renault détenait autrefois 43,4% de Nissan et dirigeait de fait l'Alliance. Le rééquilibrage de 2023 a ramené la participation directe et votante de Renault dans Nissan à 15%, mettant les deux constructeurs sur un pied d'égalité. 28,4% supplémentaires des actions Nissan ont été placés dans un trust français sans droit de vote. Renault reste donc un actionnaire majeur, mais l'époque où elle dominait Nissan est révolue.

Oui. Renault a racheté la roumaine Dacia en 1999 et en a fait l'un de ses meilleurs paris. Dacia utilise les plateformes Renault anciennes et déjà amorties pour fabriquer des voitures sans fioritures à bas prix (Sandero, Duster, Spring électrique) devenues des best-sellers en Europe. Dacia est régulièrement l'une des activités les plus rentables du groupe Renault, preuve que le simple et pas cher peut battre le sophistiqué et complexe.

Oui. Alpine est la marque sportive et de performance ressuscitée par Renault, célèbre historiquement pour le rallye et le coupé léger A110. Renault a relancé Alpine comme marque autonome premium-sportive et l'utilise comme identité de son engagement en Formule 1 (l'écurie Alpine F1, ancienne équipe d'usine Renault). Alpine est par ailleurs positionnée comme une marque de performance 100% électrique pour la décennie à venir.

Renault a été fondée en 1899 par les trois frères Renault : Louis, Marcel et Fernand. Louis Renault était le génie de l'ingénierie qui a conçu les premières voitures et inventé la transmission à prise directe, tandis que Marcel et Fernand géraient le côté commercial. Marcel est mort en course en 1903, et Louis a fait de l'entreprise une puissance industrielle, même si son héritage reste entaché par sa conduite pendant l'Occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale.

La Renault Clio, petite citadine lancée en 1990, est la best-seller historique de la marque et l'une des voitures les plus vendues de l'histoire en Europe. Le SUV compact Captur est l'autre grand pilier de volume. Plus récemment, la nouvelle Renault 5 E-Tech électrique est devenue un vrai succès, s'imposant parmi les petites électriques les plus vendues d'Europe presque immédiatement après son lancement fin 2024.

La Renault 5 E-Tech est une petite citadine électrique lancée fin 2024 qui réinvente l'iconique Renault 5 de 1972 avec un style néo-rétro. Affichée à partir d'environ 25 000 euros, elle offre entre 300 et 400 km d'autonomie selon la batterie, et a remporté le titre de Voiture de l'année 2025 en Europe. C'est un succès commercial qui a fait bondir les ventes d'électriques de Renault et donné à la marque un véritable produit d'image.

Massivement, oui. Renault a bâti dans le nord de la France un pôle de production électrique baptisé ElectriCity (autour de Douai) et regroupé ses activités électriques et logicielles dans une entité nommée Ampere. Sa gamme électrique comprend la Renault 5 E-Tech, la Megane E-Tech, la Scenic E-Tech et la future Renault 4 E-Tech, Dacia couvrant l'entrée de gamme avec la Spring. L'Europe est la cible, et les ventes d'électriques de Renault y progressent vite.

Les pannes les plus signalées concernent l'électronique et les boîtes de vitesses plutôt que les moteurs. Les premières boîtes automatiques EDC à double embrayage pouvaient être à-coups et, sur certains exemplaires, peu fiables. Les propriétaires signalent aussi des bugs électriques, des voyants de tableau de bord intempestifs et parfois des soucis de filtre à particules (FAP) sur les diesels utilisés en petits trajets. Les moteurs essence et diesel eux-mêmes, surtout le 1.5 dCi, sont globalement robustes. Comme sur la plupart des voitures modernes, plus une finition embarque de technologie, plus il y a de choses susceptibles de tomber en panne.

Pour un acheteur européen, Renault offre un bon rapport qualité-prix : tarifs compétitifs, bon confort de roulement, moteurs sobres et une nouvelle vague de modèles électriques très saluée. La Clio et le Captur sont des choix sensés et équilibrés, et Dacia (marque du groupe Renault) est imbattable sur le prix. Les réserves honnêtes : une fiabilité long terme moyenne face aux japonaises et une décote plus marquée que les marques premium allemandes. Comme voiture du quotidien rapport qualité-prix en Europe, elle tient parfaitement la route ; comme voiture à garder très longtemps, renseignez-vous sur le millésime précis.

Non. Renault a quitté le marché américain en 1987 après son désastreux rachat d'American Motors Corporation (AMC), revendue cette année-là à Chrysler. On ne peut pas acheter une Renault neuve aux Etats-Unis aujourd'hui, et aucun retour n'est prévu. Les forces de Renault sont l'Europe, l'Amérique latine, l'Afrique du Nord et certaines parties de l'Asie, pas l'Amérique du Nord.

Depuis 2025, le directeur général de Renault Group est Francois Provost, un cadre maison de longue date qui a pris ses fonctions le 31 juillet 2025. Il a succédé à Luca de Meo, le dirigeant italien à qui l'on attribue largement le redressement récent de Renault et sa renaissance électrique, parti mi-2025 pour diriger le groupe de luxe Kering (propriétaire de Gucci). Le départ de de Meo a surpris compte tenu de ses succès à la tête de l'entreprise.

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