Changement d'heure 2026 : quand passe-t-on à l'heure d'hiver
En France et dans toute l'Union européenne, le passage à l'heure d'hiver a lieu le dimanche 25 octobre 2026 : à 3 h du matin il sera 2 h, et on gagne une heure de sommeil. Les États-Unis et la majeure partie du Canada (Québec compris) ne changent que le dimanche 1er novembre, si bien que le décalage entre Paris et New York tombe à cinq heures pendant une semaine. Des deux côtés on cherche à en finir : la Chambre des représentants américaine a adopté le Sunshine Protection Act par 308 voix contre 117 le 14 juillet 2026, mais le Sénat est parti en campagne pour les midterms sans voter. La proposition européenne de 2018 reste bloquée au Conseil, et l'étude de la Commission attendue fin 2026 n'avait toujours pas été publiée au 21 octobre. Sources : timeanddate, Congress.gov, Commission européenne, Conseil de l'UE, WTVB, TIME.
Le contexte
Les montres reculent deux fois en 2026, à deux dates différentes, et c’est cet écart qui piège tout le monde. La France et l’Union européenne changent le dimanche 25 octobre. Les États-Unis et la majeure partie du Canada changent une semaine plus tard, le dimanche 1er novembre. Le changement européen a lieu ce dimanche 25 octobre à 3 h du matin, l’américain le 1er novembre à 2 h, heure locale. Les deux reculent d’une heure. Les deux offrent l’heure de sommeil supplémentaire. Mais pas le même week-end, et pendant les sept jours qui séparent les deux, le décalage habituel entre l’Europe et l’Amérique du Nord est réduit d’une heure : Paris-New York passe à cinq heures au lieu de six.
Concrètement, en France, le passage se fait dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre : à 3 h du matin il sera 2 h. La nuit dure 25 heures, le soleil se couche une heure plus tôt dès le dimanche, et le prochain mouvement est le passage à l’heure d’été le dimanche 28 mars 2027, où 2 h deviendront 3 h. Aux États-Unis, ce sera le 14 mars 2027, deux semaines plus tôt. Tout le monde ne suit pas : la Colombie-Britannique a cessé de changer d’heure en 2026 et ne reculera pas le 1er novembre, et la majeure partie du Mexique garde la même heure toute l’année depuis 2022, seules les villes frontalières suivant encore les États-Unis.
Ce qui rend 2026 différent, c’est que des deux côtés de l’Atlantique on essaie d’arrêter. Aux États-Unis, la Chambre des représentants a adopté le Sunshine Protection Act le 14 juillet 2026 par 308 voix contre 117, une majorité assez large pour franchir les clivages partisans. Le texte rendrait l’heure d’été permanente dans tout le pays, avec une possibilité de retrait pour les États qui préféreraient l’heure d’hiver. Il est arrivé au Sénat le 15 juillet et dort en commission du Commerce. Le président Trump le soutient publiquement, au motif que la double bascule annuelle coûte de l’argent aux ménages, aux villes et aux États sans rien rapporter, et a de nouveau pressé le Sénat en août. C’est l’arithmétique qui bloque : il faut 60 voix au Sénat, le chef de la majorité John Thune doute de les avoir, le sénateur Tom Cotton mène l’opposition, et la chambre a suspendu ses travaux début octobre pour la campagne des midterms sans s’en saisir. En octobre, Thune a reconnu qu’il n’y avait « pas de voie claire ni de consensus », et le Sénat ne revient qu’après l’élection du 3 novembre. Le passage du 1er novembre aura donc bien lieu.
L’Europe s’y est mise plus tôt et a moins avancé. La Commission a proposé la fin des changements saisonniers en 2018, le Parlement a voté pour en mars 2019 avec un objectif à 2021, et le Conseil n’a jamais arrêté de position. Le blocage n’a jamais porté sur le principe mais sur le choix : heure d’été permanente ou heure d’hiver permanente, et comment empêcher des pays voisins de choisir différemment et de fracturer le marché intérieur en mosaïque de fuseaux. Le Covid puis la guerre en Ukraine ont sorti le dossier de l’agenda. Le sujet est revenu en octobre 2025, quand le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a formellement demandé au Conseil d’y mettre fin dès 2026, avec le soutien affiché de la Finlande et de la Pologne. La réponse de la Commission a été une nouvelle étude d’impact, lancée en février 2026 et attendue d’ici la fin de l’année, dont aucun résultat n’était publié au 21 octobre. En mars 2026, elle a aussi publié les dates officielles de l’heure d’été jusqu’en 2031, rappel que les règles actuelles s’appliquent tant qu’aucune loi ne les remplace. Les prochains changements sont déjà fixés : 28 mars et 31 octobre 2027.
Il vaut la peine de rappeler à quel point la pratique est récente et minoritaire. Elle a été introduite comme mesure d’économie de combustible en temps de guerre, d’abord par l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie en avril 1916, et son bénéfice énergétique est contesté depuis presque aussi longtemps. La majeure partie du monde s’en passe : Japon, Chine, Inde, Russie, Turquie et la quasi-totalité de l’Afrique, de l’Asie du Sud et du Moyen-Orient laissent leurs horloges tranquilles, et les pays proches de l’équateur n’ont rien à y gagner puisque la durée du jour y bouge à peine. Aux États-Unis mêmes, Hawaï et la plus grande partie de l’Arizona se sont déjà exemptés. Sources : timeanddate, Forbes, Congress.gov, The Hill, NBC News, TIME, WTVB, Conseil de l’UE, Parlement européen, Commission européenne, eldiario.es.