Wish
Wish, l'appli de bazars chinois à prix dérisoires, a vécu : retirée des stores français en 2021, enterrée par ses propres scandales, et finalement rachetée pour une bouchée de pain, voici ce que la marque ne vous dira jamais.
Wish, c’est la success story qui a mal tourné. Lancée en 2011 par ContextLogic à San Francisco, la plateforme a explosé dans les années 2010 en promettant des produits à des prix impossibles, des montres à 1 €, des vêtements à 2 €, expédiés directement depuis des entrepôts chinois. À son apogée, Wish était l’application shopping la plus téléchargée au monde, avec des centaines de millions d’utilisateurs.
Mais le modèle reposait sur un équilibre fragile : des délais de livraison absurdes (parfois 60 jours), des produits non conformes aux normes européennes, des contrefaçons massives et des descriptions photos qui n’avaient souvent rien à voir avec la réalité reçue. Les avis clients négatifs se sont accumulés jusqu’à devenir un mème culturel à part entière.
Le coup de grâce est venu des autorités françaises. En novembre 2021, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mené une enquête révélant que 95 % des produits testés présentaient un risque pour les consommateurs, produits électriques dangereux, jouets non conformes, substances chimiques interdites. La France a alors obtenu le déréférencement de Wish des stores d’applications Apple et Google ainsi que des moteurs de recherche sur son territoire, une première en Europe.
Depuis, la plateforme a continué à s’effondrer financièrement. ContextLogic a vu sa valorisation boursière s’écrouler de plus de 90 % par rapport à son introduction en bourse de 2020. En 2023, la société a annoncé la vente de la plateforme Wish à Qoo10, un groupe e-commerce singapourien, pour la somme symbolique d’environ 173 millions de dollars, contre une valorisation qui flirtait autrefois avec les 14 milliards. C’est la trajectoire d’un empire du discount qui s’est brûlé les ailes à force de sacrifier la qualité sur l’autel du prix.