Red Bull
Red Bull génère des milliards pour ses propriétaires autrichiens, mais l'empire de la canette bleue et argent repose sur des ingrédients que la marque préfère ne pas trop détailler, et sur une histoire réglementaire en France que personne au siège de Fuschl am See n'aime rappeler.
Red Bull est la boisson énergisante la plus vendue au monde : plus de 12 milliards de canettes écoulées chaque année dans plus de 175 pays. L’entreprise autrichienne, fondée en 1987 par Dietrich Mateschitz et le thaïlandais Chaleo Yoovidhya à partir d’une boisson locale appelée Krating Daeng, est restée privée, et donc discrète sur ses finances, tout en bâtissant un empire de communication autour du sport extrême, de la Formule 1 et de l’esport.
Le modèle économique est brutal dans sa simplicité : une canette de 250 ml coûte quelques centimes à produire et se revend entre 1,50 € et 2,50 € en grande surface, bien davantage en club ou en festival. La marge est colossale. Red Bull consacre environ un tiers de son chiffre d’affaires à la communication et au sponsoring, un ratio que peu de groupes agroalimentaires peuvent se permettre.
Ce qui pousse des millions d’internautes à chercher des informations sur Red Bull, ce ne sont pas les Red Bull Racing ou les sports de glisse : c’est la santé. La composition de la boisson, la taurine, la caféine, les sucres, les interactions avec l’alcool, autant de sujets que la marque effleure prudemment dans ses communications officielles, laissant le terrain aux études scientifiques et aux agences sanitaires.
La France occupe une place particulière dans cette histoire : elle a été l’un des derniers pays d’Europe occidentale à autoriser la vente de Red Bull, après plus d’une décennie de bannissement. Ce chapitre réglementaire, embarrassant pour la marque, reste l’une des recherches Google les plus fréquentes en France à son sujet, et la marque ne l’évoque jamais d’elle-même.