ManoMano
ManoMano est la plus grande marketplace européenne de bricolage et jardinage, mais derrière les prix attractifs se cachent des réalités que la marque préfère taire.
ManoMano, le géant discret du bricolage en ligne
ManoMano est une marketplace française fondée en 2013 à Paris par Philippe de Chanville et Christian Raisson. Elle met en relation des acheteurs particuliers ou professionnels avec des milliers de marchands tiers qui vendent des produits de bricolage, jardinage et décoration. Contrairement à Leroy Merlin ou Castorama, ManoMano ne stocke quasiment rien : elle joue les intermédiaires à grande échelle, en France, Espagne, Italie, Allemagne, Belgique et Royaume-Uni.
Le modèle a séduit les investisseurs : la start-up a levé plus de 650 millions d’euros depuis sa création, atteignant le statut de licorne (valorisation supérieure à 1 milliard d’euros) en 2019. Son point fort ? Un catalogue colossal de plusieurs millions de références à des prix souvent inférieurs à ceux des enseignes physiques, grâce à l’absence de magasins et à la concurrence entre vendeurs.
Mais la croissance à tout prix a ses contreparties. Les utilisateurs rapportent régulièrement des expériences très variables selon le vendeur, délais de livraison imprévisibles, SAV externalisé, retours parfois laborieux. C’est précisément parce que ManoMano est un intermédiaire, et non un vendeur direct, que les questions sur sa fiabilité, sa situation financière et ses pratiques reviennent en boucle sur les moteurs de recherche.
La période post-Covid a été rude : après une envolée des ventes liée au boom du “faire chez soi”, ManoMano a subi de plein fouet le ralentissement du marché du bricolage en 2022-2023, entraînant des plans de restructuration et des suppressions de postes. La question de la rentabilité est devenue le sujet brûlant que la marque esquive soigneusement dans ses communiqués.