Haribo
Derrière les petits oursons souriants se cache une multinationale allemande multimilliardaire qui carbure à la gélatine de porc, et qui n'en fait pas la publicité.
Haribo, c’est l’acronyme de HAns RIegel BOnn : un confiseur allemand fondé en 1920 à Bonn par Hans Riegel Sr., qui invente l’ourson gélifié (Goldbär) dès 1922. Cent ans plus tard, le groupe reste familial, pèse plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et distribue ses bonbons dans plus de 100 pays. Une longévité impressionnante pour une entreprise bâtie sur du sucre, de la gélatine et un slogan devenu réflexe conditionné.
Ce que Haribo ne mettra jamais en avant sur ses packagings colorés, c’est l’ingrédient qui alimente la majorité des questions des consommateurs : la gélatine de porc. C’est la matière première de la texture élastique caractéristique des gélifiés, et elle rend la quasi-totalité de la gamme classique incompatible avec les régimes halal et casher, soit une fraction très significative de la population mondiale.
Les questions autour de Haribo sur les moteurs de recherche sont donc massivement religieuses et alimentaires : qui peut manger quoi, où trouver des alternatives, quels produits sont certifiés. Le groupe a développé des gammes spécifiques (gélatine de bœuf halal) pour certains marchés, mais sans jamais en faire un argument marketing central, ce serait admettre que le produit standard exclut des dizaines de millions de consommateurs.
Haribo fascine aussi par sa structure : entreprise familiale opaque, absence de cotation en bourse, discrétion absolue sur ses chiffres précis. Dans un secteur de la confiserie dominé par des géants comme Mars ou Ferrero, Haribo reste un ovni, suffisamment gros pour imposer ses conditions aux distributeurs, suffisamment discret pour éviter les projecteurs des grands rapports ESG.