Backyard Ultra : c'est quoi et comment ça marche
Le backyard ultra est ce format d'ultramarathon où les coureurs doivent boucler une boucle de 6,7056 km toutes les heures jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un. Le championnat du monde par équipes 2026 se tient le 17 octobre, avec plus de 1 000 coureurs et 70 pays.
Le contexte
Le backyard ultra est l’un des formats les plus étranges, et les plus fascinants, du sport d’endurance : une course sans ligne d’arrivée, juste une cloche qui sonne toutes les heures jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul coureur debout. Inventé par Gary « Lazarus Lake » Cantrell, le même esprit derrière les Barkley Marathons, il ramène l’ultra-trail à sa forme la plus brute : courir 6,7 km, se reposer jusqu’à l’heure, recommencer.
Cette simplicité explique en grande partie l’explosion mondiale du format depuis dix ans. Contrairement à la plupart des grands ultras, le backyard ultra ne nécessite ni chaîne de montagnes, ni sentier technique, ni logistique lourde, juste une boucle plate mesurable presque n’importe où, ce qui a permis à des centaines de courses locales et nationales de voir le jour sur tous les continents.
La grande vitrine du format est le championnat du monde par équipes annuel, où des équipes nationales de jusqu’à 15 coureurs s’affrontent simultanément sur des sites hôtes à travers le monde, leur total de boucles cumulé déterminant le pays vainqueur. L’édition 2026 se tient le 17 octobre, avec l’épreuve phare à Big’s Backyard Ultra, à Bell Buckle, dans le Tennessee, et des courses satellites de l’Australie à l’Europe continentale, avec plus de 1 000 concurrents attendus dans plus de 70 pays.
Ce qui rend le format si captivant, c’est sa brutalité psychologique : aucune stratégie d’allure ne bat l’horloge, pas d’affûtage possible, pas de négociation avec le format. Des coureurs qui semblent frais après 12 heures peuvent être hors course dès la 40e heure, tandis que d’autres, apparemment en difficulté au départ, grignotent silencieusement boucle après boucle jusqu’à être les derniers en lice. Le format a aussi produit certaines des finales les plus spectaculaires de l’ultra-trail, y compris des épreuves sans vainqueur officiel, quand les deux derniers concurrents échouent sur la même boucle.