Le 'doom spending'
Le « doom spending », dépenser par désespoir plutôt que par envie, est le symptôme financier d'une génération qui ne croit plus en demain.
Le contexte
Le doom spending, c’est quoi exactement ?
Le doom spending (littéralement « dépenses du désespoir ») désigne le fait d’acheter impulsivement pour apaiser un stress, une anxiété ou un pessimisme profond face à l’avenir économique. Ce n’est pas du shopping plaisir : c’est une réponse émotionnelle à un sentiment d’impuissance. Le terme est la déclinaison consumériste du doomscrolling, cette habitude de faire défiler indéfiniment des mauvaises nouvelles sur son téléphone.
Pourquoi ça explose maintenant ?
Le concept a émergé et gagné en visibilité entre 2023 et 2024, porté par la crise du coût de la vie, l’inflation persistante et une anxiété générationnelle sur le logement, le climat ou la stabilité politique. Quand l’avenir paraît inaccessible, devenir propriétaire, épargner pour la retraite, joindre les deux bouts, la tentation de « profiter maintenant » s’installe. Le raisonnement implicite : pourquoi économiser si ça ne changera rien ?
Qui est concerné ?
La Gen Z est souvent citée dans ce débat, et non sans raison : c’est la génération qui a grandi avec les crises financières, la pandémie et les réseaux sociaux. Mais le doom spending n’est pas l’apanage des jeunes, il touche quiconque ressent une perte de contrôle sur son avenir financier, quel que soit son âge.
Ce que ça coûte vraiment
Le problème concret : ces achats impulsifs et récurrents grignotent l’épargne, peuvent générer des dettes et créent un cercle vicieux, la culpabilité post-achat alimente l’anxiété qui elle-même déclenche de nouvelles dépenses. Les garde-fous les plus documentés restent simples : prendre conscience du mécanisme, s’imposer un délai de réflexion avant tout achat non essentiel, et automatiser une épargne, même modeste. Information générale et éducative, pas un conseil financier personnalisé.