Prada
Prada est l'une des rares maisons de luxe à avoir transformé l'austérité en arme commerciale, et à en avoir fait des milliards.
Fondée à Milan en 1913, Prada est une maison italienne de maroquinerie, mode et accessoires qui s’est imposée comme l’un des piliers intellectuels du luxe mondial. Là où d’autres marques vendent du rêve, Prada vend de la rigueur : des coupes dépouillées, des matières brutes sublimées, une esthétique qui revendique la laideur comme forme ultime de raffinement. C’est provocateur, c’est calculé, et ça fonctionne.
Miuccia Prada, petite-fille du fondateur, docteure en sciences politiques et militante féministe, a repris la marque en 1978 et en a fait une institution culturelle autant que commerciale. Avec son mari et associé Patrizio Bertelli, elle a bâti un empire coté en Bourse à Hong Kong depuis 2011, dont le chiffre d’affaires dépasse les 4 milliards d’euros annuels.
Les internautes cherchent Prada pour deux raisons très différentes : soit ils veulent acheter (et comprendre les prix, les tailles, les modèles iconiques), soit ils cherchent à comprendre, ou à contourner, le système. Les questions sur les faux, sur les propriétaires, sur les salaires des vendeurs, disent beaucoup sur la fascination ambivalente qu’exerce le luxe.
Ce que Prada ne dira jamais sur elle-même : ses marges sont vertigineuses, ses collections sont parfois décriées avant d’être copiées, et la distance entre l’image “intellectuelle” de la marque et la réalité d’une multinationale du luxe est, elle aussi, une forme de mise en scène.