Yeonmi Park
Yeonmi Park, transfuge nord-coréenne devenue militante et auteure aux États-Unis, est l'une des voix les plus médiatisées sur les horreurs du régime de Kim Jong-un, et l'une des plus controversées.
Née le 4 octobre 1993 à Hyesan, en Corée du Nord, Yeonmi Park a fui son pays en 2007 à l’âge de 13 ans, traversant clandestinement la Chine puis la Mongolie avant d’atteindre la Corée du Sud en 2009. Son parcours, marqué par la pauvreté extrême, la répression politique et les dangers de la fuite, est l’un des témoignages de défection nord-coréenne les plus connus au monde.
Elle s’est imposée sur la scène internationale en 2014 avec un discours bouleversant à la conférence One Young World à Dublin, visionné des millions de fois. Son autobiographie In Order to Live (2015) s’est vendue dans le monde entier, et elle a publié un second livre, While Time Remains, en 2023. Elle a décroché une licence à l’université Columbia en 2020 et est devenue citoyenne américaine naturalisée en 2021.
Aujourd’hui basée aux États-Unis, Park est très active sur le circuit universitaire conservateur et dispose d’une large audience en ligne. Ses prises de position, notamment ses critiques de ce qu’elle appelle l’endoctrinement progressiste dans les universités américaines, alimentent régulièrement le débat public et font remonter ses clips en tendance.
Son témoignage n’est toutefois pas exempt de polémique : plusieurs journalistes et spécialistes de la Corée, dont Mary Ann Jolley dans The Diplomat dès 2014, ont relevé des incohérences dans certains aspects de son récit. Park attribue ces écarts à ses lacunes en anglais à l’époque, aux souvenirs fragmentés de l’enfance et aux effets du trauma. Elle maintient la véracité de son témoignage sur le fond.
Yeonmi Park reste, qu’on adhère ou non à toutes ses positions, une figure incontournable du débat sur les droits de l’homme en Corée du Nord et sur la liberté d’expression en Occident.